Du calcaire, du calcaire en Garazi !
Vendredi 2 avril – le karst oublié de Jaxu

Premier objectif, retrouver le Trou de l’Arradoy (de son vrai nom trou de Jaxu car il est en limite de la commune de Jaxu) que nous avions descendu voilà plusieurs années.
Armé d’un sécateur et d’un solide bâton, je ne mets que
quelques minutes à le retrouver. Intact. Inviolé depuis 10 ans au moins. Un
trou à conseiller à tout amateur désirant arrêter la spéléo mais encore
hésitant. De quoi dégoûter tout honnête spéléo de base tant ce minuscule trou
recèle de boue et de passages merdiques.
Je me souviens qu’à l’époque je me servais de ce trou pour sélectionner les membres du club, j’y organisais des sorties dans ce trou. Ceux qui revenaient la semaine d’après, on pouvait compter sur leur engagement spéléo sans faille. Tous ceux qui ont fait le trou de Jaxu et qui sont revenus en spéléo avec moi, sont toujours spéléo au club. C'est-à-dire 1 seule personne. Les autres je les avais écœurés à tout jamais. Une sélection naturelle en quelque sorte, ou le Darwinisme transposé à la spéléo.
Donc, les gars, c’est quand vous voulez !
Ensuite, je pars vadrouiller un peu sur une pente qui me semblait prometteuse sur les flancs d’une montagne qui regarde Jaxu, lors d’une balade passée.
Aujourd’hui, l’écobuage rend la lecture du paysage plus aisée et je monte facilement vers ces falaises de calcaire. Malheureusement, je pense que les dolines en devenir que j’ai repérées accueilleront en spéléo plutôt les enfants de nos petits enfants.
Déçu, je tente une explo des grottes d’Uhart-Cize que
j’avais repérées l’autre jour alors que j’allais pisser dans une décharge
sauvage dans laquelle je venais de balancer tous mes détritus du garage,
vielles batteries, huile de vidange, désherbant, vieux pots de peinture à l’huile,
résidus de mon bac à graisse, enfin tout ce que je balançais d’habitude à la
rivière, mais plus maintenant, parce que ça faisait trop de mousse violette avec le
rejet de mes égouts, surtout après une machine avec de la lessive « Bonux».
Donc, au milieu des détritus de la décharge, que n’aperçois-je pas une doline avec un filet d’eau qui disparaît dans un salmigondis de branches, sacs plastiques et vieilles 4L désossées.
Equipé de ma combi et de gants (question sanitaire avant
tout) j’atteins une petite cavité que j’ai nommée la grotte des 6 faux.
Développement de 3 mètres avec colmatage de galets, boues et saloperies en tout genre. Aucun courant
d’air, donc Philippe, tu peux aller reposer ce que tu es allé chercher en
urgence dans ta cave, tu sais l’étagère de gauche, le sac rouge caché par une
bâche bleue.
Je m’extirpe de la cavité pour aller de l’autre coté de la doline, juste sous la décharge d’en face. Ici, 4 ou 5 mètres au dessus du ruisselet qui se perd, encore une ou deux cavités sans suite, mais avec pleins de bidons, bouts de bois, sacs et ficelles coincés dans les interstices au plafond. Il est clair qu’en cas de fortes pluies, toute la doline est inondée, un lac de la taille d’un terrain de basket doit exister le temps que tout s’écoule par (probablement) la fontaine de la Vierge située quelques 500 mètres plus loin en aval, vers Garazi.
Une suite doit être possible par ce coté là, mais c’est vite impénétrable, donc j’abandonne.
Je rentre à la maison faire un peu de VTT pour quand même essayer de transpirer un peu.
Serge
